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ÉDITION N°27 - Mercredi 12 Juillet 2017
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Le monde de la gravure en relief

Edi Habegger au milieu d’une partie de sa collection. (photo cg)

Roches – Edi Habegger

Sous ses airs de petit père tranquille, il faut reconnaître qu’Edi Habegger est un sacré bonhomme et un industriel hors normes. Ses objets, surtout des montres de poche et des couteaux suisses, gravés en relief, se vendent à grande échelle dans des boutiques touristiques de stations suisses connues ou sont livrés dans le monde entier. Même si actuellement et pour raison d’âge, son entreprise Edisona tourne un peu au ralenti, elle a tout de même compté dans les grandes années une bonne cinquantaine de collaborateurs et plusieurs milliers de pièces produites par mois.

Natif de La Combe, à la Montagne de Moutier, Edi Habegger, bientôt 77 ans, y fait ses classes, puis entame un apprentissage de mécanicien-électricien à Choindez où il travaille une dizaine d’années. Son périple professionnel l’amène ensuite à Longeau, à Tornos, à Boécourt, chez Bourquard (Général Holding) et chez Raflaub à Moutier où il se familiarise avec ses activités actuelles. Marié à Rose et père de deux enfants, il est dix fois grand-père. Peu actif dans les sociétés, il aime se balader et fréquenter les bonnes tables de la région ou passer du temps dans son chalet du Perceux. Avec son frère Otto, il est aussi l’auteur de la célèbre chanson «Une belle journée dans les montagnes» et d’autres refrains que tout le monde dans la région connaît et fredonne régulièrement.

La montre gravée en relief


En 1974, Edi décide de se mettre à son compte, sur les hauts de Roches, avec une fonderie d’art et de précision, spécialisée dans la création et le gravage en relief de boîtes de montre de poche, de boîtes de montre pendentif et de côtes de couteaux. Il a aussi racheté l’outillage d’entreprises qui ont arrêté leur production, ce qui lui permet d’augmenter encore le nombre de ses modèles. Sa matière de prédilection est le zamac, un alliage de plusieurs métaux qui se laisse facilement argenter, dorer ou colorer. Il fabrique aussi des médailles en tous genres, mais il excelle plutôt dans la montre de poche, dite boîte savonnette de 48 mm, qui, attachée à une chaînette peut se ranger dans la poche du gilet ou du pantalon, ou le modèle pour dames, une boîte pendentif de 27 mm qui peut être portée autour du cou. Il produit uniquement la boîte, laissant aux horlogers le soin d’habiller l’intérieur.

Les couteaux suisses


Depuis une douzaine d’années, il produit aussi des couteaux suisses, commandés chez Victorinox, dont il exécute l’habillement. Là aussi, il fait un tabac. Normalement, il exploite un seul modèle, classique, avec tire-bouchon, lame, décapsuleur-ouvre-boîte et tournevis. Et comme pour les boîtes de montres, les motifs sont innombrables et touchent à tous les domaines possibles et imaginables, pour de multiples usages. Plus de 1000 modèles différents ont été créés et il en a fabriqué jusqu’à 50’000 par mois alors qu’il employait une cinquantaine de collaborateurs. Edi Habegger livre ses pièces dans le monde entier, dans de nombreuses stations touristiques. Il travaille pour des sociétés, des amicales, avec des motifs touchant à l’aéronautique, aux animaux, divers monuments, loisirs, paysages, personnages célèbres, ou tout autre usage, professions, sports, souvenirs, etc… «Un des modèles parmi tant d’autres qui marche bien, c’est le lion de Lucerne», précise-t-il. Il lui arrivait aussi d’aller livrer lui-même la marchandise aux zones frontières et il a participé de nombreuses fois à la foire de Bâle.

D’autres variations


Dans son assortiment, on trouve également des articles cadeaux comme un set contenant la montre et le couteau de poche dans son écrin, la médaille qui fait aussi office de boucle de ceinture ou la cravate-lacet. Et bien sûr toute sorte de médailles, de trophées ou de bouchons. Il propose également ses services pour la fabrication de moules et de produits injectés en métal et en plastique ainsi que de nombreux articles industriels ou médicaux.
Edi est toujours à pied d’œuvre avec sa femme et sa secrétaire qui connaissent toutes les ficelles de l’entreprise, et la boîte tourne gentiment, faute de repreneur pour l’instant. Mais il ne désespère pas voir arriver un jour quelqu’un qui continuera sur sa lancée afin qu’il puisse siroter son petit verre de rosé en toute quiétude et se prélasser dans son chalet en chantant sa belle journée dans les montagnes.

Claude Gigandet