Inscrivez-vous !

Et recevez par e-mail les articles à la Une à chaque nouvelle édition !

Communiqués

Agenda

    Aucune information pour cette semaine


ÉDITION N°31 - Mercredi 6 Septembre 2017
Partager sur Google+ Partager sur twitter

Elle savoure sa sortie du tunnel

Malgré une période de vie difficile, Emilie Habegger s’exprime aujourd’hui sans rancune, sans désir de vengeance. (photo cag)

Formation – Emilie Habegger

Emilie Habegger a vécu toute son enfance et jusqu’à ce jour à 60 pas de mon domicile, au Fuet. Elle habite une maison à l’architecture très originale, dessinée par sa maman.

Il y a une vingtaine d’années, dans notre rue des «Vieux chemins, au Fuet» presque tous les adultes et les enfants se tutoyaient et c’était sympathique. Jamais les enfants n’étaient irrespectueux avec nous et nous pouvions aborder ensemble plein de sujets tels que l’école, les jeux, les instituteurs, nos emplois, nos voitures, les vacances ou ce que nous aimions manger.
Aujourd’hui, Emilie Habegger est sur le point de fêter son 20e anniversaire. Au moment où vous lirez cet article, elle sera depuis quelques jours en Colombie britannique, au Canada.

Emilie, très franchement et sans détours, tu m’as confié que tu as traversé une période de ta vie mouvementée, douloureuse et déstabilisante. Et tu peux aujourd’hui en parler sans rancune, sans désir de vengeance, c’est tout à ton honneur.
Je suis la cadette d’une famille de cinq enfants. Mes parents nous ont élevés en nous enseignant des valeurs chrétiennes. J’avais confiance en Dieu et en eux. Mais lorsque j’avais 13 ans, mes parents ont décidé de suivre des chemins différents et ils ont divorcé. Cela m’a complètement déstabilisée. Je n’ai pas tardé à consommer de l’alcool et de fumer sans me retenir. A peine ma scolarité terminée, j’ai aussi commencé d’entretenir de mauvaises fréquentations. Un homme qui se disait chrétien s’est mal comporté avec moi. J’étais un peu naïve dans cette période.

Ce soir, tu t’exprimes avec le sourire, calmement et ton amoureux assis à côté de toi semble très heureux de te connaître. Que s’est-il passé ?
Il y a environ 1 année et demie de cela, sans vouloir ici entrer dans plein de détails, je crois qu’au travers de multiples moyens, Dieu m’a parlé. C’était si fort que d’un coup, j’ai décidé d’arrêter de consommer de l’alcool et de fumer. Mais le plus important, c’est que j’ai retrouvé une relation de confiance avec Dieu. Je crois que désormais il me conduit jour après jour. Je suis très heureuse comme tu le vois.

Tout cela est très beau à entendre. Mais qu’as-tu entrepris comme formation après ta scolarité ?
J’ai suivi pendant 6 mois un apprentissage de dessinatrice en bâtiment. Mais cela ne me plaisait pas. Alors j’ai commencé un apprentissage de mécanicienne en maintenance automobile dans un garage du Vallon de Saint-Imier. Mais au bout d’une année, je me suis bêtement disputée avec mon patron. Il m’a alors licenciée. J’ai poursuivi pendant 2 ans mon apprentissage dans un garage situé près de Moutier. Le 27 juin de cette année, j’ai eu la joie d’obtenir mon CFC.

Félicitations ! Pourquoi as-tu choisi de te former dans cette branche ? A l’heure actuelle, peu de filles font cela.
Dès mon enfance, j’avais envie de voyager. J’imaginais que le plus simple serait de le faire au volant de ma voiture. Et comme tu le sais, les autos tombent parfois en panne. Donc je voulais être capable de réparer la mienne où que je sois dans le monde.

Là, tu rêves un peu ! Imagines que tu tombes en panne au milieu d’un pays africain dépourvu de garages organisés pour te retrouver la bonne pièce de rechange. Par exemple, un carburateur ou la pompe à essence tombe KO. Que feras-tu ?
Pas de problème. Si les Africains savent réparer leurs voitures avec très peu de moyens, je dois aussi être capable de le faire. Je me suis préparée à cela avec l’aide d’un excellent patron. Notre garage réparait les voitures de toutes marques. Et quand toutes les petites lampes de mon tableau de bord ne s’allumeront plus normalement, cela ne voudra pas dire que la voiture ne fonctionne plus. Et… je prierai pour trouver la bonne solution.

Très rassurant de t’entendre dire cela. Ces derniers jours, je t’ai vu longer notre rue en étant sur un cheval. A qui appartient cette très belle jument ?
C’est la mienne. Ma maman qui a aussi un cheval pour ses loisirs m’a offert il y a 5 ans ce poulain provenant de sa jument. Ma maman m’a dit que j’étais directement passée de ma poussette à un cheval. C’est presque vrai. Tu as peut-être remarqué que je me promène à cheval sans qu’il porte un mors ou une selle. Je n’ai qu’un licol et de gentilles paroles pour le diriger. Entre nous, la communication est très bonne. Mon cheval passe toute la belle saison au pâturage avec ses copains.

As-tu des projets ?
Pas vraiment. Pendant 3 ou 6 mois, je vivrai au Canada anglophone dans deux fermes pour apprendre l’anglais. Cette langue pourrait m’être utile surtout quand je voyagerai dans de nombreux pays et quand je parlerai de l’amour de Dieu dans cette langue.

Merci Emilie de nous avoir si ouvertement parlé de ta vie. Nous te souhaitons plein de belles expériences et de rencontres positives pour tes prochaines étapes.

Charles-André Geiser