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ÉDITION N°2 - Mercredi 17 Janvier 2018
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Passage de ceintures sans bavure

Les élèves lors du passage de leurs ceinture. (photo cg)

Moutier – Karaté Club Shito-Ryu

Ils étaient anxieux comme lors d’un examen important, les jeunes membres du Karaté Club Shito-Ryu de Moutier. Certains avaient même transmis leur appréhension aux parents et amis qui les accompagnaient. C’est que de passer à la ceinture supérieure sous l’œil d’un expert chevronné et ceinture noire 4e dan, ça peut impressionner. Mais leur mentor, Roberto Forsinetti, les avait bien préparés et heureusement, aucun échec n’a été déploré. C’est que ces jeunes garçons et jeunes filles sont assidus aux entraînements, et que ça ne rigole pas avec les enchaînements et mouvements aux noms japonais improbables qui font plutôt exotiques pour le profane.

C’est en 1987 déjà que Roberto Forsinetti lance un club de karaté à Moutier, qui comptait alors 35 ados. Il fut, dans son jeune âge, plusieurs fois champion régional en France voisine, dans différents départements, et même 4e au championnat de France. Il passa la main du club prévôtois pendant 5 ans pour s’exiler en Nouvelle Calédonie. Epoux de Sandra, elle aussi ceinture noire, et papa d’Océane, 20 ans, il est actuellement ceinture noire 2e dan en karaté, 1er dan en kendo, qu’il enseigne aussi à Moutier. Roberto affiche la soixantaine ; imprimeur-façonneur de profession, il est actuellement agent de sécurité. Le club ne compte pour l’instant qu’une quinzaine d’enfants, de 5 à 14 ans. Sport assez méconnu dans nos contrées, il valait quelques lignes dans votre journal.

Le Karaté Shito-Ryu


Le karaté a, paraît-il, plus de 2000 ans d’existence. Cet art martial japonais se décline en quatre styles connus, voire même plus. Des nuances de contenus techniques et philosophiques sont relativement marquées en fonction du style.
Le karaté est une discipline dont les techniques visent à se défendre, puis à répondre par une attaque au moyen des différentes parties du corps : doigts, mains ouvertes et fermées avant-bras, pieds, coudes, genoux. Les 20 préceptes du karaté voudraient qu’il n’existe pas d’attaque pure et dure de la part d’un karatéka : le combattant répond par une défense qui permet d’attaquer avant que l’attaque de l’adversaire ne soit portée. Le Shito-Ryu est une forme de karaté moderne, originaire d’Okinawa, élaborée par Kenwa Mabuni (1899-1952) un des fondateurs du karaté actuel, qui a choisi d’appeler son style Shito-Ryu en l’honneur de ses deux principaux maîtres.
On distingue deux manières de pratiquer le karaté : le kata, fait de mouvements en face d’un ennemi imaginaire qui se pratique seul et représente des exercices de style, de concentration, et le kumité, qui se pratique à deux partenaires. Les attaques et les blocages peuvent être définis ou libres. Comme les coups portés peuvent être très violents et faire mal, un équipement de protection est souvent indispensable. Voilà en très résumé les principes karatékas.

Passage de ceintures


En karaté, les grades se définissent comme au judo avec des couleurs de ceintures, pour signaler différents niveaux de maîtrise ou d’expérience. On trouve dans l’ordre les ceintures : blanche, jaune, orange, verte, bleue, marron. Il existe également des demi-kyu représenté par des ceintures intermédiaires bicolores, (par exemple ceinture blanche & jaune, jaune & orange, orange & verte, etc). Suivent les fameuses ceintures noires, noires avec barrettes (2e-5e dan), rouges et blanches (6e-7e dan), rouges (8e-9e dan), et blanches sans liseré pour le 10e dan.
Juste avant Noël, la tension était palpable chez les jeunes inscrits pour le passage au grade supérieur. C’est à l’expert de Montbéliard, Claude Capelli, 4e dan, que revenait le rôle d’attribuer les précieux sésames. Pédagogue et passionné, il a donné moult explications aux candidats à la couleur de ceinture supérieure, complétant ainsi l’enseignement exemplaire de Roberto Forsinetti. Les positions des pieds, des mains, des poings, les blocages et enchaînements, travail avec partenaire, etc… Tout a été évalué et corrigé.
Devant un parterre attentif de parents et amis qui, pour certains, découvraient pour la première fois les cris annonçant une attaque ou les termes utilisés en langue japonaise pour définir les différents mouvements, les jeunes karatékas se sont donnés à fond, et tous ont réussi leur passage. Citons-les : Ceinture noire 1er dan : Beysa Goëkdemir ; marron : Norbert Konaté ; verte : Flavio Migliore, Yannick Charpié, Loris Seganfredo ; orange : Bilal Bertoloni, Kim Gerber, Eva Strehles, Loren Parrat ; jaune : Sarra Bouzgarrou, Isabella Ibisevic, Antonio Bulghéroni ; jaune et blanc : Angelo Ibisevic.

Ce sport est peu connu sous nos latitudes. Il existe, dans la région, des clubs à Tramelan, Cortébert, Delémont, Porrentruy, qui pratiquent divers genres d’enseignements, et donc peu de compétitions au calendrier. Les protégés de Roberto auront cependant l’occasion d’aller se mesurer au printemps prochain en championnat interclub à Beaucourt, en France voisine.

Claude Gigandet