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ÉDITION N°23 - Mercredi 13 Juin 2018
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« J’ai un esprit d’aventurière »

Maurane Riesen : «Je ne pense pas obtenir un score ridicule dans le Jura bernois.» (photo ps)

Election au Conseil-exécutif – Maurane Riesen

A 27 ans, Maurane Riesen vise le siège réservé au Jura bernois au Conseil-exécutif lors des élections cantonales bernoises du 25 mars prochain. Son programme s’articule autour de trois axes : moins d’inégalités, une décentralisation plus importante du canton de Berne et une écologie visionnaire. Rencontre avec la candidate à quelques jours du scrutin.

Maurane Riesen, du Parti socialiste autonome (PSA), s’est lancée dans la course au Conseil-exécutif qui se jouera le 25 mars prochain. En lice face au sortant Pierre Alain Schnegg UDC) et à Christophe Gagnebin (PSJB), la citoyenne de Sonceboz a souhaité proposer une autre alternative de gauche : «Notre parti considère Christophe Gagnebin comme trop clivant et nous voulons offrir une solution aux électeurs qui ne se reconnaîtraient pas dans ce choix.»

Faire basculer la majorité


Femme de consensus, Maurane Riesen précise toutefois qu’elle ne considère pas son collègue socialiste comme un opposant puisqu’ils défendent de nombreuses valeurs communes : «Même si je souhaite être élue, je serai tout de même satisfaite de voir la gauche gagner au soir du 25 mars.» Car la part de suspense de cette élection se jouera bel et bien dans le Jura bernois. En fonction du choix du peuple, la majorité du gouvernement pourrait à nouveau rebasculer dans le camp rose-vert. Mais attention, la candidate aura fort à faire pour contrer l’agrarien Pierre Alain Schnegg. Véritable bourreau de travail et connu pour sa grande connaissance des dossiers, sa notoriété dépasse déjà les frontières cantonales. Le sortant semble en bonne voie pour conserver son siège. De son côté, Maurane Riesen ne s’aventurera pas sur le terrain des pronostics : «Il est difficile d’estimer mes chances mais je ne pense pas obtenir un score ridicule dans le Jura bernois.»

Marre des coupes budgétaires


L’ancienne présidente du Conseil du Jura bernois monte toutefois au front pour contrer la politique d’austérité menée par le canton. L’un des axes de son programme (présenté dans nos colonnes le 17 janvier dernier) consiste à offrir plus d’égalité et une meilleure répartition des richesses dans notre pays. Comme l’exprime le slogan de campagne du PSA, Maurane Riesen en a «marre des coupes budgétaires». «Je regrette que les coupes de la législature actuelle pénalisent à nouveau les personnes qui ont justement besoin d’aide, comme les bénéficiaires de l’aide sociale ou les personnes souffrant d’un handicap. Le gouvernement a une responsabilité face aux plus démunis», relève la socialiste.

La voix de la jeunesse


A 27 ans, Maurane Riesen est aussi l’incarnation de l’intérêt de la jeunesse pour la politique, qui s’est notamment manifesté dans le cadre de la campagne du 18 juin dernier. Si la candidate de Sonceboz entend bien, comme ses collègues de parti, représenter la voix de la jeunesse, elle s’attèlera également à représenter les femmes : «Nous devons promouvoir une meilleure représentation féminine en politique. Mais également dans les postes stratégiques au sein des entreprises et notamment dans les Conseils d’administration.»
Elle est d’ailleurs favorable à la mise en place de quotas : «Nous avons laissé faire sans mettre en place des quotas et le constat est sans appel : cela ne marche pas.» La biologiste, qui travaille à l’Université de Berne, défend également l’égalité salariale et a été très déçue du récent revers politique sur ce dossier.

Réflexes machistes agaçants


Sur le thème de l’égalité, elle regrette d’ailleurs les réflexes machistes qui ont la dent dure. Ainsi, un journaliste alémanique la nommait récemment dans son article en tant que « compagne de Valentin Zuber » : «Je trouve ce genre de phrase pénible mais aussi révélatrice puisqu’on ne l’utiliserait pas dans l’autre sens. Non, Valentin Zuber ne m’influence pas ! Et je ne me limite pas à être sa compagne. J’ai mes propres idées et ma propre vision. Nous partageons un intérêt commun pour la politique et nous prônons l’échange des points de vue, tant dans notre couple qu’en politique.»

Pascale Stehlin


Du tac au tact


Maurane Riesen, quel était votre rêve d’enfant ?
– Lorsque j’étais plus jeune, j’avais envie d’être aventurière, d’explorer la jungle ou des lieux reculés du monde. Même si je n’ai pas encore accompli ce genre d’expéditions, j’ai un esprit d’aventurière puisque je me lance souvent des défis, notamment dans le monde professionnel ou dans des domaines que je connaissais peu au départ comme la politique.

Quel est votre leitmotiv ou votre mot-clé en vue de l’élection ?
– J’aime beaucoup le concept de l’éco-socialisme. Pour moi, le lien entre le socialisme et l’écologie est indissociable.

Quelles sont vos passions en dehors de la politique ?
– J’aime beaucoup la nature, notamment dans notre région. J’apprécie la marche que je pratique régulièrement.

Comment et où vous imaginez-vous dans dix ans ?
– Je préfère ne pas faire trop de plans à long terme. Ma première échéance, au niveau professionnel, concerne mon doctorat en épidémiologie consacré aux effets du vaccin contre le Papillomavirus, que j’achèverai en octobre. Ce que je souhaite pour la suite, c’est avant tout de rester proche de mon entourage, notamment de ma famille qui compte beaucoup pour moi.

(ps)