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ÉDITION N°23 - Mercredi 13 Juin 2018
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Priorité à la cohésion sociale

Enfant et résident de Tramelan, Christophe Gagnebin entretient une flamme socioculturelle et conserve la fibre du service public. (photo Roland J. Keller)

Election au Conseil-exécutif – Christophe Gagnebin

Tramelot socialiste dans l’âme, dans le cœur et la raison, Christophe Gagnebin est en lice comme candidat à l’exécutif du canton de Berne. Le PS du Jura bernois, qui le propulse, veut ravir le siège de l’UDC Pierre Alain Schnegg. Conseiller de ville à Tramelan durant 19 ans, député au Grand Conseil bernois et membre du Conseil du Jura bernois depuis sa création en 2006, ce grand marcheur suit son petit bonhomme de chemin. Sans illusion, mais avec pondération.

Mais non, il ne voulait pas devenir politicien. Christophe Gagnebin a toujours eu le sentiment que, dans sa vie, il se devait de prendre part dans une société à laquelle il appartient. «On est chaque fois venu me solliciter en politique et j’ai toujours accepté», précise le Tramelot. Fort de son engagement, de sa conviction et de sa fibre socioculturelle, le voilà donc candidat à une course au gouvernement bernois. Une élection qu’il ne considère pas forcément comme gagnée d’avance, ni comme perdue d’ailleurs, mais comme potentielle. Alors vous êtes plutôt ambitieux? «Non, pas du tout. D’ailleurs, je n’aime pas ce mot qui génère de la prétention. En fait, je n’ai jamais eu de plan de carrière, tout est venu à point nommé.»

Pragmatique, mais pas ringard


Plutôt pragmatique, le député du Grand Conseil bernois est de nature pondérée – sa force – mais aussi lucide. Et pas aussi ringard qu’il en a l’air. Issu d’une famille de politiciens, cet historien a bien compris les enjeux technologiques en marche. «J’ai placé ma campagne sur le thème de la révolution industrielle 4.0, car il va survenir des changements fondamentaux dans ce domaine. Il importe que les entreprises disposent de ces nouvelles technologies et qu’on soit à la pointe, autant en Suisse que le canton de Berne», souligne-t-il. Bien sûr, lui aussi est pour que l’on continue d’investir dans la recherche, dans la technique, le transfert des technologies. Sur ce point tout le monde est d’accord, mais que pourriez-vous alors amener de mieux, une fois élu? «Veiller à ce que tout le monde soit concerné: d’abord, les travailleurs en les formant en leur assurant du perfectionnement, lutter contre le dumping social et salarial, etc…»

A l’avant-garde de l’intelligence sociale


Dans cette perspective, le candidat tramelot estime qu’il sera alors nécessaire de retrouver les emplois supprimés pour les gens qui seront touchés par ces changements structurels. Et comme on s’achemine vers une société dite de l’intelligence artificielle (IA) qui entre dans nos mœurs dans tous les domaines, Christophe Gagnebin est un peu avant-gardiste: «Là aussi, il faudra veiller à ce que les gens non férus d’informatique restent en prise avec la société, qu’ils ne soient pas largués.»
L’enseignant considère encore l’importance du service public: «Dans une région comme la nôtre, l’État doit assurer des prestations de qualité à tout le monde dans des domaines, comme les soins, les transports et la formation.» Estimez-vous qu’il n’y en ait pas assez? «On peut toujours faire mieux. Il faut adapter. On est dans un lieu idéal pour cela.» Et Christophe Gagnebin considère encore qu’il faut éviter de s’acheminer vers des privatisations exagérées.

Le souci du bilinguisme


S’il est élu, le professeur de Tramelan serait donc le représentant du Jura bernois à Berne. Et pour lui, c’est une donne essentielle. «C’est-à-dire, je serai le représentant des francophones. Je tiendrai beaucoup à ce que le canton de Berne tout entier vive son bilinguisme et qu’il soit ouvert de mieux en mieux de part et d’autre.» On ne va tout de même pas refaire des routes et des ponts entre nos régions? «Non. Mais par exemple, sur le plan culturel avec l’université qui peut offrir davantage de formations en français. Ou la future haute école spécialisée de Bienne avec un souci particulier du bilinguisme. Sans oublier le parc technologique biennois renforcé aux entreprises francophones.»

«Pas favori, mais c’est peut-être un avantage»


Et vos chances d’être élu? «Elles existent, mais je ne pars pas favori, ce qui peut être un avantage, car parfois on est sous-estimé. Cependant, je suis conscient que ce sera difficile de renverser quelqu’un en place.» Qui sait, comme le dit l’adage, avec la foi, on peut toujours déplacer des montagnes.

Roland J. Keller


Du tac au tact


Monsieur Gagnebin quel était votre rêve d’enfant ?
– (Rires et petit moment de méditation). Je me suis beaucoup intéressé à l’histoire. Comme gamin, j’aimais les châteaux forts et j’en ai fait mon métier… de l’histoire. De ce point de vue, c’est un bout de mon rêve réalisé.

Quel est votre leitmotiv ou votre mot-clé en vue de l’élection ?
– La cohésion sociale. Il faut que les gens se sentent parties prenantes de la société et de la politique. D’ailleurs, les gens s’en sont détournés. Ils considèrent que la politique ne les concerne plus, qu’on ne s’occupe pas d’eux et c’est extrêmement dangereux.

Quelles sont vos passions en dehors de la politique ?
– La culture en général. J’aime bien chanter de temps en temps, lire ou voir un concert. Disons que je suis classique dans mes goûts. Sans oublier les randonnées, la marche !

Comment et où vous imaginez-vous dans dix ans ?
– De deux choses l’une. Ou bien je suis élu au Conseil-exécutif et cela va apporter des changements très importants dans mon existence avec des responsabilités nouvelles qui vont nécessiter un engagement de tous les instants. Ou bien je ne suis pas élu et je continuerai avec plaisir d’enseigner. Et dans dix ans, j’aurai l’âge de penser sérieusement à la retraite.

(rke)