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ÉDITION N°15 - Mercredi 18 Avril 2018
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Le cor lui tient à cœur!

Fanny Känzig: «Je souhaite que la pratique du cor des Alpes reste avant tout un plaisir.» (photo ps)

Court – Fanny Känzig

Véritable talent régional, Fanny Känzig est passionnée de cor des Alpes depuis ses 12 ans. La Courtisane a notamment remporté l’été dernier le Festival international à Nendaz dans la catégorie Juniors et espère faire de même lors de la prochaine édition. Portrait d’une jeune fille qui a du souffle.

En la rencontrant pour la première fois à son domicile à Court, autour de la table familiale, on ne se douterait pas un seul instant que Fanny Känzig est une virtuose du cor des Alpes. Habillée de façon plutôt rock, de nombreux bracelets aux poignets et presque autant de boucles d’oreille, la jeune fille a un look de son âge et moderne. C’est quelques instants plus tard, après avoir attendu patiemment la métamorphose, qu’on la voit apparaître totalement transformée dans son costume bernois, qui lui vient de sa grand-mère. Car lorsqu’il s’agit de cor des Alpes, Fanny prend les choses très au sérieux et respecte à la lettre les coutumes qui entourent cet univers. Méconnaissable pour ceux qui la côtoient dans un autre cadre, la jeune fille s’avère être une élégante ambassadrice pour cet instrument qui reste souvent connoté et qui fait l’objet de nombreux clichés au sujet de ceux qui le pratiquent. L’intérêt de Fanny pour cet instrument est né alors qu’elle avait 12 ans seulement et qu’elle visitait, à Habkern, un atelier où sont fabriqués des cors des Alpes. Elle, qui a toujours aimé la musique, se montre curieuse et essaie de souffler dans l’instrument, encouragée par l’artisan qui décèle déjà chez elle une facilité étonnante. Elle se prend au jeu et décide de s‘atteler à l‘apprentissage difficile de cet instrument. Le cor des Alpes deviendra pour elle une passion, qui s’affirmera au fil des ans. Toutefois jouer du cor des Alpes et surtout vouloir progresser n’est pas une mince affaire. Les professeurs dans ce domaine ne sont pas nombreux et pas forcément proches géographiquement. Mais sa famille est chanceuse et tombe sur la perle rare en la personne de Philippe Holzer de la Montagne-de-Moutier. Ce dernier accompagne l’adolescente depuis ses débuts. Au départ, ses parents décident de louer un cor des Alpes pour voir si l’intérêt perdurera avec le temps. Sa mère, Marianne, voyant sa fille se consacrer pleinement à sa nouvelle passion est rapidement convaincue: «On a vu que ce n’était pas qu’une lubie puisque Fanny s’y consacrait dès qu’elle avait du temps. On a donc décidé de lui acheter son cor des Alpes». Et depuis, la Courtisane a fait du chemin…
En juillet dernier, elle a remporté le Festival international de cor des Alpes de Nendaz dans la catégorie Juniors. Au niveau du classement global, elle s’est hissée à un impressionnant 9e rang. Et ce festival est une référence dans le milieu, puisqu’il attire chaque année des musiciens talentueux du monde entier. De plus en plus sollicitée, Fanny est même allée en Serbie pour livrer une prestation à l’Ambassade de Suisse. Mais elle garde la tête sur les épaules et ne rêve pas pour autant d’une carrière dans ce domaine: «Même si j’admire beaucoup Lisa Stoll par exemple, je souhaite que la pratique du cor des Alpes reste avant tout un plaisir. Je veux encore progresser et la priorité pour moi aujourd’hui est avant tout d’obtenir mon CFC.»

Du cor à la couture


Sa passion pour le cor des Alpes a toutefois influencé son choix professionnel. Alors qu’elle devait revêtir un costume traditionnel dans le cadre d’une manifestation, elle a pu admirer le travail des couturières sur place et a ainsi trouvé sa voie. Depuis plusieurs mois, elle étudie en effet à l’Ecole d’arts appliqués à La Chaux-de-Fonds dans le but d’obtenir un CFC de couturière. «Je ne rêve pas de concevoir les pièces maîtresses du prochain défilé Channel mais simplement d’apprendre les bases pour coudre une jupe ou un pantalon», lance la jeune fille déterminée. Et à l’issue de sa formation, elle souhaite obtenir un brevet fédéral à Lyss lui permettant de travailler à la confection des costumes bernois qu’elle affectionne tant. Elle devra d’ailleurs bientôt retoucher le sien puisqu’il devient un peu court et les normes sont strictes en la matière. Mais pour l’instant, elle est occupée à un travail pratique qu‘elle doit réaliser dans le cadre de sa formation. Sensible encore une fois aux traditions suisses, elle a choisi de dédier sa création aux montagnes qu’elle apprécie énormément: «J’ai conçu un châle blanc qui rappelle la neige des montagnes, avec des vagues représentant les reliefs. Je ne sais pas pourquoi les traditions me parlent autant mais c’est venu au fil du temps», explique la jeune fille.
Si vous n’avez pas encore eu la chance de l’entendre jouer, rendez-vous le 6 mai prochain à Bellelay. Elle se produira avec le groupe des Suiss’Mélodie dans le cadre de la Fête de la Tête de Moine.

Pascale Stehlin