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ÉDITION N°36 - Mercredi 10 Octobre 2018
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Il garde le moral malgré la maladie

Moutier – Michel Huguenin, alias Tchiguydeup

Si en Prévôté on parle de Michel Huguenin, peu de personnes identifient l’homme, pourtant connu comme le loup blanc. On le connaît surtout par son surnom: Tchiguydeup. Bien sûr, la jeune génération ne peut savoir vraiment de qui il s’agit puisque cette satanée sclérose en plaques le cloue dans une chaise roulante depuis plus de vingt ans. Mais il a eu ses années de gloire en écumant les discos de la région en tant que DJ, surtout à l’ancien HELP, où il a animé les fins de soirées durant dix ans.

C’est en 1961 que Michel, fils de Francis, mécanicien, et Hélène, femme au foyer et cadet de Françoise, pointe sa curiosité sur le monde. Il fait ses classes à Moutier et entreprend un apprentissage de dessinateur en génie civil chez Paul Aubry de Tavannes. «Mais tu vois, je ne fréquentais que des établissements jurassiens et n’avais que des amis du même bord. Alors, ça n’a pas joué. Il paraît qu’ils ont reçu des coups de fil me concernant. Tu vois qui est Madame?», se marre-t-il.

Roi des nuits régionales


«Bon, je n’ai pas grand-chose à dire me concernant, mais j’ai vécu une belle vie avant que cette foutue maladie me tombe dessus, mais je ne me plains pas, je suis obligé de faire avec», précise-t-il sans s’apitoyer sur son sort. Et c’est vrai que le Tchiguy est un bon type, doté d’une âme philanthropique et qu’on ne lui connaît pas d’ennemis. Sa bonhomie a fait mouche auprès de tous. Les discothèques de la région, à l’époque où elles cartonnaient, il les a presque toutes animées: Le Bus stop, le 138, la Croix-blanche de Crémines, et surtout le HELP, durant plus de dix ans, soit toute la période où Francis Monnin en était le boss. Il amenait sa matière première avec lui à chaque endroit à savoir ses disques 33 tours et ses CD’s. «Tu vois, moi, je n’ai pas suivi la filière normale avec apprentissage, études et tout le tsoin-tsoin. J’ai toujours été un peu artiste dans l’âme. Je suis un passionné de musiques, de toutes les musiques, curieux de tout», rigole-t-il. Tchiguy a aussi touché à la caméra, super 8 et vidéo, et a même décroché un prix en 1988 dans un concours sur le thème de l’environnement, avec son film «Adieu Mère Nature».

Vie bouleversée


C’est en 1995 que la maladie se déclenche, une sclérose en plaques, qui année après année empire et le laisse dans un état quasi grabataire. Il passe avec peine du lit à la chaise roulante et a recours à ESPAS, qui s’occupe de lui trois fois par jour. Un système de levage électrique à sangle qui sert à le mettre et à le sortir du lit est nécessaire. Mais il ne s’apitoie pas sur son sort et essaye de profiter un peu du peu de mobilité que lui offre sa chaise électrique. C’est ainsi que tous les matins, vers 11 h 30, il se rend au Papillon, un bar près de chez lui pour y retrouver des potes, surtout Georges Bart, avec qui il refait le monde. De temps à autre, il va jusqu’à la Copé, «parce que c’est tout plat», non pas pour y faire ses courses, puisqu’il bénéficie des repas à domicile, mais bien pour farfouiller dans les CD’s et il s’en offre un quand ça le tente. Il en possède d’ailleurs une sacrée collection.
«Tu sais, jusqu’à 35 ans, ma vie était parfaite. Mais maintenant, mes membres ne fonctionnent plus, la parole est hésitante et lente, mais la tête fonctionne toujours bien, je suis toujours le même. Et au moins, je n’ai pas de douleurs», rigole-t-il. C’est vrai que de passer sa vie au milieu du monde et finir dans cette galère, garder le moral et accepter sa maladie en plaisantant mérite un gros coup de chapeau. Salut, Tchiguydeup!

Claude Gigandet