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ÉDITION N°30 - Mercredi 29 Août 2018
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«Je trouve toujours une solution»

La Neuveville – Roland Matti

Doté d’un pouvoir de persuasion hors du commun, le maire de La Neuveville Roland Matti (PLR) se bat comme un beau diable pour défendre les intérêts de sa cité. «Je trouve toujours une solution, mais pour y arriver il est nécessaire de se mettre à table avec tous les acteurs d’un projet. L’exclusion n’arrange rien», confie-t-il.

Né à Saanen, mais domicilié à La Neuveville (3770 habitants avec lui) depuis l’âge de deux mois, Roland Matti ne laisse personne indifférent. Vénéré par certains, égratigné par d’autres, cet homme de convictions est un fonceur: «Parfois, je vais même un peu trop vite», explique-t-il. Tombé dans la marmite de la politique très jeune - c’est son père qui lui a transmis le virus -, cet ancien député jongle actuellement avec sa fonction de maire et celle de gérant du restaurant du camping de Prêles. «Cette situation est idéale. Elle me permet de m’organiser pour me libérer durant la journée. La fonction de maire est toujours plus exigeante, plus pointue. Le fait d’avoir de l’expérience me permet d’agir plus vite. Lors des deux premières législatures, mes adversaires politiques m’ont reproché d’être trop impliqué dans ma fonction. Alors, j’ai décidé de lever légèrement le pied, mais quand il y a un problème, c’est quand même moi qu’on appelle pour le régler.»

«L’exclusion n’arrange rien»


Parmi les projets réalisés depuis que Roland Matti est à la tête de l’exécutif neuvevillois, soit 10 ans, la réorganisation du parcage et la construction du bâtiment de l’école primaire des Collonges sont ceux dont il est le plus fier. Il souligne aussi que la zone 20 actuellement en vigueur lui a donné du fil à retordre. «Le canton ne voulait rien entendre. Alors, je suis allé frapper à l’étage supérieur, la Confédération, et j’ai obtenu ce que je voulais. Vous savez, je trouve toujours une solution, mais pour y arriver il est nécessaire de se mettre à table avec tous les acteurs d’un projet. L’exclusion n’arrange rien.Il faut savoir convaincre les sceptiques en leur donnant des arguments susceptibles de les rallier à votre cause.»

Travailler juste pour avancer vite


Maire pragmatique, ouvert d’esprit et infatigable, Roland Matti souligne que ses collaborateurs ont toute sa confiance: «Je fais tellement de choses que je ne peux pas agir autrement. Honnêtement, je ne sais pas ce que je n’ai pas encore fait à La Neuveville. Une chose est certaine: j’ai la conscience tranquille et je dors très bien. Je travaille en faveur de la collectivité et non pas pour défendre mes intérêts personnels.» Conscient qu’il faut travailler juste pour avancer vite, Roland Matti est le premier à opérer certains changements quand le besoin s’en fait sentir: «Avant d’amorcer la réorganisation du Conseil municipal, nous avons décidé de voir ce qui se faisait ailleurs. Notre choix s’est porté sur les communes de Moutier, Longeau et Evilard. Après avoir discuté avec les trois chanceliers, nous avons pris certaines décisions. Les séances de l’exécutif se tiennent toutes les deux semaines et durent deux heures au maximum. Cela fonctionne très bien. L’ambiance est excellente. On ne perd jamais de l’énergie dans des querelles partisanes.»

Le sport et la culture au top!


Si Roland Matti est enthousiaste lorsqu’il évoque la vitalité des sociétés sportives et culturelles de La Neuveville, son visage se referme au moment de se pencher sur le commerce local: «C’est mon plus grand échec de la vie économique et sociale de La Neuveville. Il n’est même plus possible d’acheter une cravate ou un téléphone portable sans devoir se déplacer dans un centre commercial. Avant, les gens du Plateau descendait chez nous pour faire leurs emplettes, mais cette époque-là est révolue. C’est bien connu: si on doit prendre sa voiture pour acheter une spécificité à l’extérieur, on profite de l’endroit en question pour faire ses commissions là où on se trouve déjà.» En clair, La Neuveville est une cité dortoir économiquement parlant, mais pas d’un point de vue associatif. On ne peut raisonnablement pas s’entretenir avec Roland Matti sans lui demander son avis sur l’avenir du Jura bernois sans la ville de Moutier: «D’ici dix ans, j’ai un mauvais sentiment concernant le déplacement des instances administratives comme la police, les impôts, les poursuites et le tribunal. En tant que président de la Conférence des maires du Jura bernois et du district bilingue de Bienne, j’aurais souhaité pouvoir travailler avec Denis Grisel, mandaté par le Conseil-exécutif pour diriger la relocalisation des services de Moutier. Au lieu de pouvoir participer aux analyses et aux réflexions lors des entretiens menés avec les instances concernées, le CMJB doit se contenter de séances d’information. Même le maire de Bienne, Erich Fehr, est fâché et redoute qu’on lui fasse un jour le reproche d’avoir détruit le Jura bernois.» Si sœur Anne ne voit rien venir, ce n’est donc pas le cas du duo Matti-Fehr, qui pour une fois se retrouve sur la même longueur d’onde.

Olivier Odiet