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ÉDITION N°4 - Mercredi 31 Janvier 2018
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Des filles qui portent la culotte

Jean-Philippe Klay entraîne aussi bien les filles que les garçons. (photos ps)

Club de lutte de Tavannes et environs

Depuis quelques mois, le Club de lutte de Tavannes et environs a ouvert ses portes à la gent féminine. Trois lutteuses ont en effet rejoint les rangs de la société en mars dernier. Elles s’entraînent chaque semaine au côté des garçons. Une première dans le Jura bernois.

Le jeudi, c’est jour d’entraînement pour les jeunes membres du Club de lutte de la Vallée de Tavannes. En pénétrant dans la salle, une chose nous frappe immédiatement. Parmi les lutteurs en herbe se tenant dans la sciure prêts à en découdre, on aperçoit trois jeunes filles qui écoutent attentivement les explications techniques de leur entraîneur Jean-Philippe Kläy. Il s’agit de Patricia Burger (11 ans), de sa sœur Sabrina (13 ans) et de Roxane Tschanz (13 ans), qui composent désormais l’équipe féminine du club régional. Depuis mars dernier, elles s’entraînent aux côtés des garçons, ce qui est une première dans le Jura bernois comme l’explique Jean-Philippe Klay: «Nous avons eu des demandes de la part des parents, c’est pourquoi nous avons décidé d’ouvrir nos portes aux jeunes filles désireuses de pratiquer cette activité.» Et c’est de bon augure pour ce sport, qui se modernise lentement mais sûrement.

Evolution des mentalités


La première compétition dédiée aux femmes est relativement récente puisqu’elle s’est déroulée en 1980 dans le canton de Berne. Près de 12 ans plus tard, la EFSV (Eidgenössischer Frauenschwingverband), soit la fédération des lutteuses suisses, a été fondée. Chaque année, elle couronne sa propre reine en fonction des résultats obtenus sur l’ensemble de la saison. Mais pour l’instant, les lutteuses n’ont pas encore accès à la mythique Fête fédérale. Mais grâce aux initiatives de club tel que celui de la Vallée de Tavannes, les mentalités pourraient évoluer comme l’explique Jean-Philippe Klay: «Il reste malheureusement quelques détracteurs qui ne souhaitent pas voir les femmes faire de la lutte. Mais ils doivent vivre avec leur temps. On est en 2018! Chez nous, la venue des femmes a été très bien acceptée et même saluée.» Et Sabrina en est ravie. C’est son père qui lui a transmis sa passion pour la lutte: «Mon père m’a emmenée à une fête de lutte et cela m’a immédiatement donné envie d’essayer. Depuis, je ne peux plus m’en passer», explique la Tavannoise. Une semaine après son premier entraînement, c’est sa petite sœur Patricia qui a suivi. Roxane complète le trio de choc de cette nouvelle équipe. Et la jeune fille, qui concourra dans la catégorie «Meitli», a déjà un objectif pour cette année: «Je rêve de décrocher ma première palme. Mais je dois travailler ma technique», confie Roxane.
De son côté, Patricia, qui ne cache pas son admiration pour l’impressionnant Matthias Sempach, entend bien suivre ses traces sur le rond de sciure: «J’aime apprendre de nouvelles prises et être capable de me battre.» A 11 ans, Patricia, est déjà très prometteuse malgré ses débuts récents. Elle n’hésite pas à se donner au maximum pour progresser: «Tout me plaît dans la lutte. Je n’ai pas peur de tomber ou de prendre des coups. J’ai eu mal aux muscles après le premier entraînement mais depuis ça va mieux», explique cette véritable boule d’énergie.

Compétition à ne pas manquer


Pour l’instant, les entraînements sont mixtes mais cela peut évoluer comme l’explique Jean-Philippe Kläy: «J’espère que d’autres filles rejoindront notre club. Dans ce cas-là, nous pourrions faire des entraînements séparés car à cet âge-là, il n’est pas toujours évident de partager les entraînements.»
Afin de valoriser encore davantage la lutte féminine, le club organisera le samedi 8 septembre prochain une compétition dédiée uniquement aux lutteuses. Elle se déroulera à la Bergerie de Court dans le cadre du 50e anniversaire du club. La journée du dimanche 9 septembre, traditionnellement réservée aux hommes, sera bien entendu maintenue.
Le club espère attirer 80 participantes le samedi. Une belle occasion pour les éventuelles intéressées d’aller admirer des lutteuses en action, ce qui donnera certainement lieu à de nouvelles vocations. Si vous souhaitez essayer la lutte, vous pouvez contacter l’entraîneur Jean-Philippe Kläy au 079 450 40 58.

Pascale Stehlin