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ÉDITION N°28 - Mercredi 15 Août 2018
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Quand les autorités font profil bas!

Fabrice Zartemi, Marcel Winistoerfer et Marc Tobler n’ont pas réussi à dissimuler leur embarras devant les médias. (photo oo)

Moutier

Climat pesant, petites mines, paradoxes et embarras: c’est dans ce contexte peu réjouissant que le maire Marcel Winistoerfer, le chef du dicastère des finances Marc Tobler et l’administrateur des finances Fabrice Zartemi ont tenté, tant bien que mal, de défendre l’indéfendable, soit le budget 2018 soumis au souverain le 4 mars prochain avec un déficit de 1,25 millions. Aïe!

Il y a des jours où l’on se glisserait volontiers dans un trou de souris. Où l’on préférerait se dorer la pilule sur une plage des Caraïbes plutôt que d’affronter les médias. Mais voilà, on ne fait pas toujours ce qu’on veut dans la vie. C’est donc en étant dans leurs petits souliers que Marcel Winistoerfer, Marc Tobler et Fabrice Zartemi ont prôné le «OUI» du bout des lèvres au budget 2018 lors de la votation du 4 mars prochain. «Moutier ne peut pas fonctionner sans budget. Pour cette raison, il est important de voter «OUI», a précisé Marc Tobler, qui tente de tirer la sonnette d’alarme depuis longtemps: «Je vois le mur à 5 centimètres, mais d’autres le voient à 30 mètres», confie-t-il.
De son côté, le maire Marcel Winistoerfer n’était pas à la noce non plus au moment de revenir sur la présentation du budget lors de la séance du Conseil de Ville du 30 octobre dernier: «C’était une prestation nébuleuse qu’il s’agira impérativement d’éviter à l’avenir», signale-t-il. Avant de rebondir: «On ne peut pas se satisfaire de ce type de projection, c’est vrai, mais tout a été mûrement réfléchi. Je reste donc calme et confiant. Il ne faut pas toujours avoir peur de l’inconnu.» Et Marcel Winistoerfer d’ajouter: «On est d’accord avec certains points du référendum. Il est clair que la situation financière de Moutier est délicate et qu’il faudrait arriver à présenter un budget équilibré, mais pas à n’importe quel prix. Pas question de couper dans le vif en supprimant des prestations. Nous estimons que cette prévision est encore supportable.»

Lourd de conséquences!


Administrateur des finances, Fabrice Zartemi est revenu sur les conséquences qui découlent de l’absence de budget: « Seules les dépenses liées ou rigoureusement nécessaires peuvent encore être engagées. Nous sommes contraints de procéder à un gel des investissements, une suspension des mandats de prestations. De plus, les frais de fonctionnement administratifs sont réduits au strict minimum. Sur une courte période, la situation est gérable, mais sur la durée, nous serions confrontés à de gros problèmes.» Si aucun budget n’est validé d’ici au 30 juin, c’est le Conseil-exécutif qui prendra le flambeau.

Pas un combat Berne-Jura


Interrogé sur l’identité des référendaires, le maire Marcel Winistoerfer n’a pas trahi de secret en pointant le doigt sur le nouveau mouvement Moutier-Résiste: «C’est une mesure administrative supplémentaire destinée à ralentir le processus de transfert dans le canton du Jura», a-t-il souligné, non sans sous-entendre que c’est surtout la dépense de 130’000 francs liée aux démarches du transfert de Moutier dans le Jura qui taquine principalement les référendaires. Vrai ou faux? Si l’on en croit certains observateurs avertis, toutes tendances confondues, il n’y a pas de combat Berne-Jura au niveau du budget. Scepticisme et réticences se dégagent aussi d’une certaine frange appartenant au camp autonomiste. Moralité: il serait hasardeux de se livrer à tout pronostic sur cette votation qui divise la population. Certitude: personne ne bombera le torse, quoi qu’il arrive! 

Olivier Odiet