– Qui êtes-vous, Dominique? Quelle a été votre motivation pour occuper ce poste à responsabilités qui, il faut le noter, n’est pas simple?
– Je suis une enfant du pays. Je travaille au Tertianum La Fontaine, une résidence pour personnes âgées à Court. Mes deux fils sont hockeyeurs, je suis mes garçons depuis l’âge de 6 ans. Mon petit-fils pratique également le hockey. J’ai toujours été une fan de ce sport et j’assiste à tous les matchs, lors desquels j’ai un comportement plutôt… « enthousiaste » (elle rit). Un jour, le président d’alors, Francis Spart, m’approche et me propose d’entrer dans le comité du club. « Dominique, il a dit, je te verrais bien comme présidente ». Moi, je suis devenue écarlate. J’ai refusé bien sûr, mais il a insisté, disant qu’une femme présidente était une première historique et que c’était bon pour la motivation générale. Mais j’ai tenu bon. Finalement j’ai accepté d’entrer dans le comité, mais comme simple membre. Francis a tout fait pour que je devienne vice-présidente. Nous sommes en 2020. Le comité, composé du comptable-caissier, du chef technique et du chef de la ligue, du responsable des manifestations et d’une secrétaire, m’a acceptée les bras ouverts. Même si les débuts ont été difficiles – compte tenu de la complexité de l’organisation – je m’acclimatais bien. Constatant ça, le président a donné sa démission deux mois après…
– Quelle a été votre réaction?
– J’avoue que j’ai un peu paniqué. D’autant plus que l’assemblée générale avait lieu le mois d’après… Je m’y suis rendue en tant que vice-présidente, en remplacement du président démissionnaire. C’était la première fois de ma vie que je dirigeais une telle assemblée, mais ça s’est bien passé. Il faut préciser que, dès le départ, j’ai toujours été très bien entourée par le comité du HC Moutier, qui par après a insisté pour que je devienne présidente. A un moment donné quelqu’un d’autre s’est présenté à ce poste. Mais le comité m’a dit : « Ne crains rien, on est là pour t’aider. Tu es bien lancée, tu as un bon contact avec les joueurs, tu es quelqu’un de jovial et tu comprends bien notre manière de fonctionner. Vas-y, lance-toi. » Alors j’ai accepté pour une année. L’année écoulée, j’en ai fait une deuxième. Et c’est comme ça que je suis toujours là.
– D’où viennent les joueurs? On m’a dit que le HCM est un club «familial». Comment ça?
– Quand nous sommes montés en 1re ligue, il y a onze ans, l’équipe était composée de cinq paires de frères, dont mes deux garçons. Aujourd’hui, nous avons pratiquement les mêmes joueurs. Si on nous dénote comme un club « familial », c’est surtout parce que l’ambiance entre les joueurs et parmi les membres du comité respecte un esprit de famille, sans oublier le rapport qui subsiste entre eux et les entraîneurs. C’est la clé de notre succès. Les joueurs se connaissent très bien car nous mettons un point d’honneur à intégrer exclusivement des hockeyeurs de la région. Voilà d’ailleurs pourquoi je m’épanouis en tant que présidente.
– Cet état de fait explique le succès actuel du HCM, mais pas seulement. Il y a aussi la compétence des entraîneurs. Qui sont-ils?
– L’entraîneur principal est Arnaud Carnal, un ancien joueur de la 1re ligue. L’entraîneur assistant est David Trombert, aussi un ancien très grand joueur, sans oublier Jonathan Schoeni, l’entraîneur physique. Mais je précise que les bons résultats du club sont évidemment le résultat du talent et de l’engagement des joueurs eux-mêmes. Ils ont vraiment réalisé des progrès et sont devenus très, très bons.
– Vous entamez le championnat romand: quelles sont vos perspectives?
– Le HC Moutier est actuellement champion de groupe. Si on s’impose contre le HC Meyrin (GE) lors des trois matchs que nous disputerons avec eux, nous deviendrons champions romands, c’est-à-dire le meilleur club de Romandie en 2e ligue. Après quoi nous devons continuer de jouer avec l’objectif de devenir champions suisses de 2e ligue. Il y a du travail, mais moi j’y crois.
– Le défi principal afin de réaliser ces objectifs réside dans les progrès que vont encore réaliser vos joueurs. Vous visez la 1re ligue? Si oui, l’aspect financier n’est pas négligeable…
– On aurait pu monter en 1re ligue avec le titre que nous avons déjà, mais nous préférons devenir d’abord une bonne équipe de 2e ligue, avec exclusivement des joueurs de notre région. On se donne encore et en tout cas quatre ans, pour pouvoir intégrer des joueurs du mouvement Junior de Moutier, la relève en somme. Le mouvement Juniors compte plus de 120 enfants, qui font un travail magnifique, mais nous avons actuellement un manque de joueurs entre 17 à 20 ans. C’est aussi l’une des raisons principales pour lesquelles nous devons nous montrer patients, sans négliger l’aspect financier, en effet. Un pas après l’autre.
– Un mot à propos des sponsors et autres mécènes?
– Certains sont prévôtois, d’autres viennent de la région. C’est aussi grâce à eux que le HCM est devenu un si bon club. Nous avons des sponsors qui nous sont fidèles d’année en année, et d’autres sponsors s’y sont ajoutés. Beaucoup d’entre eux assistent aux matchs d’ailleurs. Il me tient à cœur de les remercier parce qu’ils ne nous ont jamais lâchés, même au temps de la pandémie. Je remercie aussi l’ancien club de supporters du HCM, le « Diabolo Blue », créé en 2005 et qui n’existe plus aujourd’hui. Une centaine d’anciens membres se sont retrouvés dernièrement, lors du troisième volet de la finale des play-offs entre Moutier et Yverdon. Lors de cette rencontre, ils ont créé une ambiance du tonnerre.
Propos recueillis par Pablo Davila