Actualités, Culture

Immersion dans l’univers d’Utopik Family

Edition N° 8 – 5 mars 2025

Entre artisanat et expression corporelle, le masque permet d’explorer de nouvelles facettes du jeu théâtral et de soi-même. (photo ldd)

« Mon idée, c’est d’offrir cet atelier à tout le monde, à monsieur et madame tout le monde, qui ont envie de jouer avec un masque, de le construire, de le créer », explique-t-il avec passion.

Ces ateliers, conçus sur trois jours (11-12-13 avril 2025) proposent un équilibre subtil entre création artisanale et exploration scénique.

Le premier jour est consacré à la fabrication du masque. Grâce à une technique qu’il a lui-même affinée, Fabrice parvient à condenser un processus autrefois long et fastidieux en une seule journée. 

« Quand je me suis formé en Italie, il fallait presque deux semaines pour réaliser un masque. Aujourd’hui, j’ai mis au point une méthode qui permet d’en créer un en huit heures. C’est une révolution qui permet de rendre cet art accessible », confie-t-il. Les deux jours suivants sont dédiés au travail du jeu masqué. Ici, le langage du corps prend toute son importance. Inspiré par les figures du cinéma muet comme Charlie Chaplin ou Buster Keaton, Fabrice guide les participants dans un voyage au cœur du silence et du non-verbal. 

« Le masque entre dans la famille du clown. Il nous apprend à nous exprimer différemment, à dépasser la peur du silence, à explorer d’autres façons de raconter une histoire », souligne-t-il.

Utopik Family : une structure engagée pour la transmission

Ces ateliers ne sont pas une initiative isolée. Ils s’inscrivent dans la dynamique d’Utopik Family, compagnie qui s’est spécialisée dans le théâtre forum, les workshops et les interventions en milieu scolaire basée à Nods. Créée avec la volonté de rendre le théâtre accessible à tous, Utopik Family traverse actuellement une phase de transition. « Depuis le départ de Florine, la compagnie a dû s’adapter et revoir sa voilure. Nous nous concentrons désormais sur des actions ciblées comme les cours de théâtre sur le Plateau de Diesse et les interventions dans les écoles », explique Fabrice.

Dans cette optique, les ateliers de masques représentent une belle opportunité de transmission, un moyen de donner aux participants des outils concrets pour s’exprimer et expérimenter une nouvelle forme de jeu.

Si le projet séduit sur le papier, il peine encore à attirer suffisamment d’inscriptions pour assurer sa pérennité. « J’ai besoin d’au moins huit participants pour ouvrir l’atelier, car le matériel coûte cher. Pour l’instant, j’ai des inscrits… mais ils viennent du Sénégal ! » s’amuse Fabrice. Cette difficulté met en lumière un enjeu plus large : comment sensibiliser le public à l’importance de l’expression corporelle et du jeu masqué dans un monde dominé par l’image et la parole ? L’atelier de Fabrice apporte une réponse en proposant une immersion dans un art qui dépasse les barrières du langage et permet de se reconnecter à son propre corps.

« Mon objectif, c’est de partager ce que j’ai appris en quinze ans de pratique du masque. C’est une expérience qui transforme, qui libère, et qui permet à chacun de se réapproprier son espace d’expression », conclut-il.

A l’heure où l’individualisme tend à fragmenter les liens sociaux, cet atelier se veut un lieu de rencontre, d’échange et de redécouverte de soi. Une invitation à lever le masque… pour mieux se révéler.   Céline Latscha

Pour plus d’informations, contacter Utopik Family par le biais de son site internet : www.utopikfamily.ch 

Entre artisanat et expression corporelle, le masque permet d’explorer de nouvelles facettes du jeu théâtral et de soi-même. (photo ldd)